Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 19:09

La tourmente verte des collines encercle Nguessankro et les nuits  parsèment les ruelles ravinées de cris sauvages.

Ce fut un après-midi  de saison sèche qu'Owarn, tuant, par ses errances dans l'immense clairière, la nostalgie de ses bocages d'enfance rencontra Ama.


Et noire sera désormais la beauté.

Appuyée, nonchalante, langoureuse, au mur de terre sèche, elle dévisageait ce jeune gaillard sorti des bumes. Il s'étonna de la longue taille drapée dans le parme d'un pagne. Les femmes du Moronou, d'ordinaire, étaient petites et frêles. Celle-ci, longue et lente, se dégagea du mur d'un mouvement qui libéra la pureté des épaules. Le précédant, elle s'éloigna à pas menus, mais de quelle royauté était-elle née ?

Ce fut une houle souple de chair qui le conduisit jusqu'à une nouvelle cour où quelques femmes parlotaient en chiquant une poudre de tabac brun.

La longue fille s'arrêta, se tournant à demi en souriant vers Owarn ; il ne put que murmurer dans les bribes d'agni qu'il commençait à peine de maîtriser : é té kinnemant tara kwongo bètèè —Tu es plus belle que la douceur des nuits !

Par ustèrôn - Publié dans : billets africains
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  • : 21/03/2008

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